L’AEMO lance un appel à la solidarité

L’AEMO lance un appel à la solidarité

L’AEMO lance un appel à la solidarité aux familles ariégeoises.

Alors que certains pays d’Europe de l’Est élèvent des murs autour de leurs frontières, font voter dans la précipitation des lois sécuritaires contre les migrants, l’Union Européenne vient de s’accorder du bout des lèvres sur un plan de répartition, un compromis visant à accueillir 120 000 migrants et de mobiliser 1 milliard d’euros supplémentaires pour les agences de l’ONU venant en aide aux réfugiés dans les pays voisins de la Syrie.

Depuis le début de la crise qui secoue l’Europe, les bonnes volontés et les associations sur place s’organisent.

Sami parle l’araméen, il fait partie de ces chrétiens chaldéens qui forment une des plus anciennes communautés de l’histoire. Laissant derrière lui sa famille, il a dû fuir Mossoul et son pays devenu la cible des jihadistes de l’État islamique.

Rapidement les menaces pesant sur sa communauté sont devenues inquiétantes. Fuyant leurs maisons attaquées à Mossoul, Qaraqosh ou ailleurs, hommes, femmes, enfants se sont réfugiés où ils ont pu, notamment dans la vielle d’Erbil au Kurdistan.

Mais la guerre civile en Syrie et surtout la constitution du califat de Daesh, à cheval entre le nord-est de l’Irak ont déclenché des persécutions impitoyables (viols, massacres, expulsions, conversions forcées) à tel point que le mot de génocide fut employé.

Les enlèvements et les assassinats ont été étendus au-delà des frontières de l’Irak et de la Syrie: égyptiens coptes enlevés et égorgés en Syrie, aviateur jordanien brulé vif, otage exécuté par un jeune garçon…

On se souvient des scènes insoutenables envahissant nos écrans, de macabres mises en scène aux frontières de l’horreur et de la barbarie.

Les premières victimes de l’extrémisme qui se réclame de l’islam radical sont des minorités (juive, chrétienne, kurde, arménienne, yazidi, kakaïs, mandéennes, athées…) toutes ont droit à être soutenues, mais les musulmans dans leur ensemble sont aussi victimes de la barbarie terroriste.

Actuellement installé dans la région toulousaine, Sami est avec Nicolas Gary, responsable régional de l’association d’entraide aux minorités d’orients (AEMO), une ONG laïque crée en 2007 par le franco-irakien Elish Yako suite à la première avancé de l’État Islamique en Irak et aux premières persécutions.

À l’origine du programme Irak 500 de 2008 à 2010, du soutien aux sinistrés de la cathédrale Notre dame du Secours en 2010 à Bagdad, de la cathédrale d’Alexandrie en Egypte en 2011… depuis 2014 ce sont près de 2000 personnes qui ont été hébergées dans l’hexagone, quelques un dans la région toulousaine et depuis un an dans le département de l’Ariège (la famille d’accueil non loin de Pamiers préférant garder l’anonymat nous n’en parlerons pas).

«Notre association s’occupe de toutes les minorités fuyant la guerre au Moyen-Orient, chrétiens, coptes, kurdes, yézidis, sabiens, juifs y compris quelques familles de musulmans qui fuient les persécutions de Daesh… il n’y a pas de traitement ethnique ou confessionnel privilégié», précise Sami qui a décidé aujourd’hui de sortir de sa réserve (même si c’est toujours risqué) pour lancer un cri d’alarme et un appel à la solidarité.

«Nous travaillons directement avec le gouvernement, le Centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) de Créteil géré par France terre d’Asile et depuis 2007 nous avons créé un réseau de familles d’accueil qui ont pu faciliter l’intégration sociale de plusieurs milliers de familles.

En ce qui nous concerne, des fiches de renseignements sont établies par le biais de l’ambassade de France à Bagdad, les candidats à l’exil ont une attente de 6 à 8 mois avant que le dossier soit traité.

Jusqu’à présent nous avions l’habitude d’accueillir tous les mois une dizaine de personnes, mais depuis le mois d’août la cadence s’est intensifiée, on est passé à 4000, 8000 et à présent 12 000 demandes…

Face à la pression des terroristes de Daesh, les minorités prennent la route de l’exil, notre association reçoit des appels au secours de toutes les associations caritatives sur place, une chaine de solidarité s’est organisée.

L’État français par le biais des ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères est actuellement présent au consulat de France d’Erbil afin de délivrer des visas d’installation aux familles ayant des attaches familiales en France ou pouvant justifier d’un hébergement à leur arrivée en France.

Dans ce contexte notre association renouvèle son appel afin de trouver des familles d’accueil pour les réfugiés irakiens ou d’obtenir des fonds en vue de leur installation en France»

Sami connait la détresse de tous ces réfugiés pour l’avoir vécu: «Tous ceux qui arrivent en Europe ont mis le prix dans ce voyage de la dernière chance… il faut compter 15 000 dollars (et je passe sur le commerce sordide qui se développe à la marge).

Mais que dire de tous les autres qui n’en ont pas les moyens et qui finissent dans les camps de réfugiés dans des conditions de précarité extrême»

L’ancien chercheur de Mossoul est conscient des problèmes économiques et d’intégration que peut poser ce flot de réfugiés qui frappent à notre porte et reste pour connaitre le traitement administratif de ces dossiers, réservé sur leur sort: «Une fois en France ils vont recevoir l’allocation temporaire d’attente (ATA) soit 12 euros par jour et par personne pour vivre.

Cette aide ne donne pas le droit de travailler sur le territoire national et d’un autre côté l’OFPRA (l’office des réfugiés et des apatrides) ne leur attribuera pas le droit d’asile. Quant au gouvernement il propose à chaque famille d’accueil 1000 euros, ce n’est pas grand-chose pour s’inscrire dans un accueil pérenne et digne de ce nom.»

Selon le responsable de l’AEMO, rompu à cet exercice et aux arcanes de l’administration, le chemin est long et souvent semé d’embuches.

Depuis son départ de Mossoul, Sami a eu la chance de faire venir en France sa famille, elle aussi persécutée, et depuis il n’a de cesse de trouver des solutions pour les chrétiens d’Orient et les minorités en danger.

Du côté des services de la Préfecture de l’Ariège

Face au nombre sans précédent de migrants, dont l’essentiel fuit les zones de guerre au Moyen-Orient, la France se doit de participer à l’effort d’accueil de ces personnes en besoin manifeste de protection.

L’arrivée de ces personnes a suscité sur l’ensemble du territoire national un grand élan de solidarité.

Des collectivités, des associations, mais aussi des particuliers ont offert spontanément leur soutien de participer à cet élan national de solidarité pour l’accueil, l’hébergement, le logement et l’accompagnement de ces demandeurs d’asiles et de réfugiés.

La politique de l’asile est une compétence de l’État. Cependant les initiatives locales émanant des collectivités territoriales, des organismes publics et privés et aussi de la société civile sont nécessaires pour répondre à cette situation inédite.

La préfète de l’Ariège a désigné Gilles Brunati, directeur adjoint de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations comme coordonnateur pour le département.

Il a donc mission de coordonner toutes les initiatives qui seront prises. Il apportera toutes les informations utiles sur l’organisation en cours du dispositif d’accueil et ses modalités de mise en œuvre.

On peut le contacter au 05 61 02 43 62 et sur une boite mail dédiée: ddcspp-ariege@ariege.gouv.fr

Source : http://ariegenews.com/ariege/jeunesse_societe/2015/94532/refugies-l-association-d-entraide-aux-minorites-d-orient-lance-un-appe.html

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